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6 ans après, on peine à tourner la page du 11 avril 2011

13 avril 2017 - 15:04

L’évolution des différentes affaires ivoiriennes devant la Cour pénale internationale (CPI) ainsi que le procès des « disparus du Novotel » ont particulièrement intéressé les journaux ivoiriens au cours de la semaine écoulée. Revue.

Par Abraham Kouassi

Ouvert il y a quelques semaines au tribunal de Yopougon, le procès dit des « disparus du Novotel » devrait très bientôt connaitre son épilogue. De fait, la cour présidée par le juge Mourlaye a entendu le réquisitoire du parquet, fait savoir Le Patriote. « Procès des disparus du Novotel : prison à vie requis contre Dogbo Blé et ses complices », peut-on lire en manchette du quotidien dans son édition du 12 avril. « Un réquisitoire corsé à la fin duquel il a requis la prison à vie contre les principaux accusés du procès des disparus du Novotel notamment, le général Dogbo Blé, les colonels Okou Mody, Aby Jean et le commissaire Osée Logué », commente le journal proche du pouvoir d’Abidjan.

Fraternité Matin revient également sur ce réquisitoire. Le journal pro-gouvernemental se penche sur les motivations du procureur. « Dans ses réquisitions, il (le parquet, ndlr) a estimé que ces accusés sont coupables d’enlèvement illégal, de complicité d’enlèvement illégal, de complicité d’enlèvement illégal, d’assassinat, de séquestration illégale et enfin de disparition de cadavres », relate le quotidien.

Du côté des journaux proches de l’opposition, on reste loin de cette thèse. Le Nouveau Courrier met même en doute les preuves présentées contre les accusés. « Dans son réquisitoire qui a duré 4 heures d’horloge, le procureur général s’est débattu comme un beau diable pour tenter de démontrer la culpabilité du général. Il s’est dit et s’est dédit, avec des contradictions », commente le quotidien.

Même son de cloche du côté de Le Temps, qui parle de « justice des vainqueurs au procès des disparus du Novotel ».

Souvenirs du 11 avril

11 avril 2011-11 avril 2017. Six ans que la crise post-électorale prenait officiellement fin en Côte d’Ivoire, avec l’arrestation de Laurent Gbagbo. Dans son édition du mardi 11 avril, le journal L’Expression revient sur cet évènement. « Le 11 avril 2011, après que ces forces aient tiré comme des fous la veille sur des résidences d’ambassadeurs (…), le pouvoir que gérait Laurent Gbagbo depuis dix ans venait de subir une lourde chute ».

Six ans après cette chute, Laurent Gbagbo détenu à la Cour pénale internationale (CPI) a plus gagné que perdu selon Le Nouveau Courrier. « Alassane Ouattara a voulu en finir définitivement avec le président Laurent Gbagbo en le transférant à La Haye, aux Pays-Bas, il s’est produit l’effet contraire. Gbagbo est devenu plus populaire que jamais », peut-on lire dans les colonnes du journal.

À la CPI, Laurent Gbagbo pourrait être bientôt rejoint par les partisans d’Alassane Ouattara. C’est du moins ce qu’a déclaré une délégation de la cour de justice présente à Abidjan. « Les enquêtes s’intensifient contre les pro-Ouattara et ce sera divulgué le moment venu. Depuis un moment, nous avons renforcé les ressources et moyens de l’équipe qui enquête contre le camp Ouattara », a déclaré Amady Ba, chef de la section coopération internationale de la CPI face aux journalistes ivoiriens.

Le Quotidien d’Abidjan, pour sa part, est convaincu que « l’enquête sur les crimes du camp Ouattara est bouclée ». « La CPI met la pression sur le camp Ouattara. Hier (lundi, 10 avril 2017) deux responsables de la juridiction ont dit que les enquêtes contre tous ceux qui ont commis des crimes se sont approfondies ».

En attendant des enquêtes contre les pro-Ouattara, la situation de Laurent Gbagbo continue de susciter de l’intérêt sur le continent. Selon Lg Infos, des présidents africains plaident en faveur de la libération de l’ancien président. Dans son édition du mercredi 12 avril 2017, le journal pro-Gbagbo indique que « le guinéen Alpha Condé veut évoquer avec François Hollande, au nom de plusieurs présidents africains, le sort de l’ivoirien détenu à La Haye ».

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Ivoire Justice est une plateforme créée par le programme « Justice internationale » de l’ONG RNW Media, basée aux Pays-Bas. Nous nous efforçons d’expliquer et donner des informations sur les affaires ivoiriennes à la CPI mais nous n’en sommes en aucun cas rattachés.

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