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Contrôle de la circulation : La police dans l'embarras

5 février 2018 - 11:02

En Côte d'Ivoire, le code de la route n'est pas le même selon qu'on est gbakaman, policier ou même député. Le "tu sais qui je suis" a encore de beaux jours devant lui.

Par Charles N'guessan / Caricaturiste

Suite à une gifle qu’il aurait administrée à une policière, le vendredi 26 janvier, M.Yah Touré, député RHDP (issu du PDCI) a été déféré devant le parquet du tribunal de première instance d’Abidjan, avant d’être relâché, quelque heures plus tard.

Cette relaxe a étonné plus d’un ivoiriens. Et pour cause ; le procureur de la république, M. Adou Richard, avait mis en examen le député pour « outrages » et « violences sur agent de police, dans l’exercice de ses fonctions ». Cela signifie que le procureur a retenu « le flagrant délit » qui est la condition sinéquanone  pour que le député, qui bénéficie de l’immunité, soit jugé.

Alors que M. Yah Touré  attendait son procès, ses pairs de l’assemblée nationale ont, dans une déclaration rendue publique, dénoncé cette procédure de flagrant délit en exigeant la suspension des poursuites en application des dispositions de l’article 92 de la Constitution, et de l’article 45 du règlement de l’Assemblée nationale, relative à l’immunité parlementaire du député.

Le problème qui se pose est le suivant : soit le procureur s’est lourdement trompé, soit l’assemblée nationale a abusé de ses prérogatives. Quoiqu'il en soit, cette affaire vient remettre sur la table la lancinante question que les ivoiriens se posent sur l’indépendance de leur justice : y en a-t-il une pour les uns et une autre pour les autres ?

L’affaire du procureur Kouassi Placide, accusé d’avoir tué le jeune Malick Fall et qui a écopé de trois (3) ans de prison, est encore fraîche dans les mémoires.

 

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