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EDITO : La Côte d’Ivoire a besoin d’une présidence moins forte

12 février 2018 - 01:02

Chaque lundi, Observateur Citoyen vous offre l'éditorial de la semaine en texte et vidéo tous les LUNDIS dès 7H30. Cette semaine notre éditorialiste s’intéresse au pouvoir de la présidence. Restez connectés sur nos plateformes.

Par Abraham Kouassi

« L’Afrique a besoin d’institutions fortes et non d’Hommes forts ». Cette phrase de l’ancien président américain Barack Obama est certes courte mais éminemment lourde de sens pour notre continent. Plusieurs décennies après les indépendances, l’Afrique peine toujours à asseoir de puissantes institutions. La Côte d’Ivoire n’échappe pas à cette situation.

Commission électorale indépendante, Conseil Constitutionnel, Cour suprême… Toutes ces institutions sont toujours assez loin de la réalité de leurs qualificatifs. La Commission électorale voit son «  indépendance » contestée, le Conseil supérieur de la Magistrature a pour président… le chef de l’Etat, le Conseil constitutionnel quant à lui regarde plus du côté de l’Exécutif que de la Constitution au moment de se prononcer.

C’est certain, le président de la République en Côte d’Ivoire peut se targuer de regarder de très haut la quasi-totalité des institutions du pays. Le régime présidentialiste très fort de la Côte d’Ivoire dessert fortement les institutions.

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Honnêtement, quelle institution en Côte d’ivoire peut-elle dire non à Alassane Ouattara ou son gouvernement ? On se rappelle du tollé que la loi sur le mariage avait créé à l’Assemblée nationale. Plus loin, on se rappelle à quel point CEI et Conseil Constitutionnel avaient été au cœur de la crise ivoirienne.

Un président de parti politique avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger il y a quelques semaines sur la réforme de la CEI avait exprimé assez éloquemment la « faiblesse » de nos institutions. « Qui dans ce pays voyez-vous pour diriger la CEI de façon impartiale tout en s’opposant s’il le faut au régime ? ».

D’ailleurs, cette CEI qui n’est plus valable dans sa configuration actuelle depuis très longtemps fonctionne toujours grâce à la seule volonté du pouvoir et cela, au mépris des textes. Elle est même bien partie pour organiser les futures élections locales.

C’est certainement cette toute puissance du pouvoir ivoirien qui a poussé Francis Wodié, alors président du Conseil constitutionnel à rendre le tablier.

 Il est temps pour la Côte d’Ivoire de retirer un peu de « force » de la présidence ivoirienne afin de la léguer aux autres institutions. Le pays s’il veut atteindre la véritable démocratie se doit de réussir ce pari.

A la semaine prochaine.

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