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Justice: Les ex-rebelles nostalgiques de Gbagbo, situation hollywoodienne au Plateau

11 août 2017 - 19:08

La situation de l’ancien président Laurent Gbagbo ainsi que les détails sur le dernier né des mouvements pro-Soro ont marqué l’actualité ivoirienne cette semaine. Votre revue de presse est disponible. Bonne lecture.

Par Abraham Kouassi

 

Evasion au Palais de Justice

L’affaire a surpris plus d’un ivoirien cette semaine. Menée par des hommes non encore identifiés, une évasion de prisonniers a eu lieu mardi dernier en plein Palais de Justice. Soir Info a accordé la Une de son édition du mercredi 9 août 2017 à cette affaire. « Explosif/ Hier, au Plateau: Evasion spectaculaire en plein palais de Justice », pouvait-on lire à la Une du journal. Selon un témoin interrogé par le quotidien, « Tout était calme quand tout d’un coup, j’ai vu deux policiers courir vers moi en criant, ils sont armés. Ils sont allés au greffe de la Cour d’appel juste derrière moi. Quand j’ai crié  vers les détenus‘’ qu’est-ce qu’il y a, où allez-vous?'’, celui qui était devant et qui couvrait les quatre autres menottés, a sorti une arme à feu et voulait tirer.  J’ai compris pourquoi les policiers fuyaient. Moi aussi j’ai fui pour aller me cacher dans un bureau, à côté. L’homme armé est rentré mais il ne m’a pas vu. Il est sorti aussitôt ».

L’Inter s’est également penché sur cette affaire. Le journal se penche notamment sur les mesures prises par les autorités après l’évasion de ces 20 personnes. Selon le quotidien, le Procureur Richard Adou a annoncé l’ouverture d’une enquête non sans faire savoir au travers d’un communiqué que, « 7 agents en charge de la sécurisation du temple de Thémis du Plateau dont le commandant du violon ont été mis aux arrêts ».

Pour sa part, Lg Infos parle dans sa parution du jeudi 10 août d’une véritable « attaque » contre le Palais de Justice. Le journal proche de l’opposition livre à ce sujet, le commentaire « d’un officier de l’armée ». Ce dernier a complètement battu en brèche la thèse du Procureur de la République qui a parlé d’une évasion et non d’une attaque. « La thèse d’une évasion est à écarter, il s’agit bien d’une attaque que des individus lourdement armés ont perpétré contre le Palais de Justice au Plateau », a souligné la source du journal.

Nord-Sud Quotidien, pourtant proche du pouvoir parle lui aussi « d’attaque contre le Palais de Justice ». Dans son édition du jeudi dernier, le journal fait savoir que cette affaire a créé une véritable « colère » au sein du personnel de l’établissement judiciaire. « Il faut dire que le moral du personnel est affecté (…). Des personnes que nous avons interrogées hésitent pour certaines à regagner leurs bureaux », fait savoir Nord-Sud.

 

Les Forces nouvelles plaident pour Gbagbo

Au moment où la question de la libération de l’ancien président Laurent Gbagbo fait débat, celui qu’on surnomme le « Woody de Mama » peut compter sur un soutien pour le moins inattendu. En effet, les Forces nouvelles qui l’ont combattu avec la rébellion souhaitent voir l’ancien président libéré. Dans les colonnes de L’Inter, Sékongo Félicien, porte-parole de l’Amicale des Forces nouvelles (AFN) a dit « regretté l’absence en Côte d’Ivoire de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo ».

A lire aussi: Malgré son maintien en détention, Gbagbo présenté comme plus  proche que jamais de la sortie

 Cette position des ex-rebelles, Le Temps y voit l’expression du désamour entre les compagnons de Guillaume Soro et Alassane Ouattara. « Malmenés par Ouattara, les ex-rebelles: ‘’nous regrettions Laurent Gbagbo’’ », titre le journal à sa Une du vendredi 11 août. « Un nouveau mouvement de soutien à Guillaume Soro vient de voir le jour. Ce mouvement dénonce l’absence en Côte d’Ivoire du président Gbagbo qu’il regrette d’ailleurs », écrit Le Temps. Poursuivant, le journal ajoute que « pour l’Amicale des Forces nouvelles, Laurent Gbagbo est passé maître dans la négociation ».

Du côté du pouvoir, on ne voit pas forcément d’un bon œil la sortie de Sékongo Félicien. « Ainsi, six ans      après la fin de la crise postélectorale, Sékongo Félicien et ses camarades des ex-Forces-nouvelles se rendent subitement compte qu’ils ont posé un acte regrettable en faisant arrêter Laurent Gbagbo et applaudissant son incarcération à La Haye, » commente le quotidien qui s’interroge sur la possibilité que cette sortie s’inscrive dans un « agenda caché que Sékongo Félicien et ses camarades de l’AFN se gardent de dévoiler ».

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